Premières années de la vie et la relation enfant-parent

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Dans sa vie de parent la mère et le père doivent faire le bilan de leurs priorités. Le plus important est-il le bonheur de leur enfant, ou bien l’opinion des autres ? Après avoir défini leurs intérêts, ils pourrons se projeter dans le futur et voir les éventuelles conséquences de leur choix. L’enfant n’est pas un objet, ni un robot, il n’a pas de mode d’emploi. En élevant notre enfant, comme pour la réussite d’un projet, nous devons imaginer le chemin à parcourir, les aspects positifs et négatifs de nos décisions, les erreurs que nous pouvons éviter et prévoir certaines situations. Il n’est pas possible de « diriger » sa vie et je ne voudrais pas être mal comprise : nous ne pourrons pas « écrire » ce qui se passera, ou le former d’une telle ou telle façon pour effacer ses traits du caractère ; mais nous savons que si par exemple nous ne lui apprenons pas la discipline, il aura du mal à trouver du plaisir dans ses devoirs et préférera les plaisirs futiles. Si nous ne lui disons pas que nous l’aimons, il aura des difficultés ensuite à le dire à sa/son partenaire, à son enfant, et certainement à nous et ça pourrait créer des situations dans sa vie qui l’empêcheront de vivre pleinement. C’est nous les parents qui montrons le chemin, le jeune enfant n’a pas d’autre exemple à suivre pendant ses premières années si importantes. Si nous pensons que nous savons tout et que notre façon de faire est la meilleure sans chercher à s’informer par des sources fiables, nous mettons des limites qui ne permettrons pas à notre enfant à savoir que la vie est pleine de possibilités. Et là je voudrais souligner que la bonne éducation n’a rien à voir avec les finances de la famille et que ce serait une excuse facile. La clef de la réussite est dans la bonne et chaleureuse relation entre les parents et l’enfant, entre les parents mêmes, dans les soins, les occupations, l’attitude que nous avons à chaque moment.

Les premières années de la vie d’un enfant sont souvent perçues comme une période pas très productive, les bébés ont besoin que de « manger, dormir et être propres ». Une énorme erreur qui peut entraîner beaucoup de difficultés plus tard, car les premières 3 ans sont les plus importants pour la vie du futur adulte. Ce n’est pas uniquement le début d’une vie, mais le début du développement des capacités linguistiques et cognitives. Si nous attendons simplement sans agir que l’enfant grandisse pour qu’il apprenne à parler correctement, avoir un comportement approprié, créer de la curiosité en lui, nous mettrions des freins à ses intérêts et l’empêcherions d’évoluer sur la bonne voie. Nous sommes d’accord qu’élever un enfant est une tâche pas toujours facile si nous nous impliquons vraiment. Ce ne serait pas judicieux de faire culpabiliser son enfant et lui mettre des étiquettes sans se responsabiliser soi-même. Un enfant naît avec ses traits de caractère, mais son potentiel intellectuel est en attente d’être révélé par ceux qui lui sont plus proches – ses parents. Le cerveau immature est capable de stocker un vaste vocabulaire qui ressortira quelques années plus tard. Les limites nous les posons nous-mêmes et nous devons être plus responsables en ce qui concerne les êtres qui dépendent de nous. Nous ne parlons pas ou ne lisons pas un livre à en bébé, car il « ne comprend pas ». Nous nous ne sentons pas obligés d’expliquer à notre petit enfant une situation, raconter une histoire ou lui faire apprendre les noms des animaux, les couleurs ou les noms des plantes par exemple, car ne n’arrivons pas à imaginer que cet être fragile d’une cinquantaine centimètres aspire toute impression, image, son ou expression.

Le cerveau infantile a un fonctionnement complètement différent de celui d’un adulte et beaucoup de chercheurs nous expliquent en détails de quelle façon les jeunes enfants perçoivent le monde qui les entoure. Je vais consacrer un autre article à ce sujet, puisque c’est un thème qui mérite d’être étudier avec plus grand sérieux.

L’enfant a une véritable soif d’apprendre, de découvrir, de s’expliquer ce qu’il voit et nous devons participer à ses curiosités, sinon nous risquons de limiter la maturation de son cerveau. Un enfant apprend par les jeux pendant les premières années de sa vie, c’est le moyen plus facile d’apprentissage que nous pouvons utiliser. En jouant il apprendra plus rapidement, de manière naturelle et en suivant son propre rythme, les chiffres, les lettres, la biologie et bien d’autres matières, alors qu’un cours d’école consistera à suivre le rythme et la direction imposés par les pages d’un livre. Quand j’étais plus jeune, mon père m’a donné un conseil que je suis toujours – de transformer le texte à apprendre en images et ensuite de raconter ces images. Ainsi nous développons nos imagination et notre créativité, si nécessaires dans notre vie de cherchant.

La curiosité est l’étincelle qui reste à la base de toute notre évolution et elle doit être « nourrie » dès plus jeune âge. Pendant chaque période dès la naissance de l’enfant il commence à développer une capacité – d’utiliser ses mains, de tenir sa tête droite, de se tenir assis, etc. Pour l’aider à progresser, du côté moteur comme du côté cérébral, nous devons le suivre et l’encourager à chaque capacité acquise pour continuer de créer l’envie d’apprendre. Quand le bébé commence à toucher, nous lui offrons plusieurs matières différentes pour savoir qu’elles peuvent être molles, dures, bruyantes, lisses, rugueuses, froides ou chaudes, que l’eau mouille les choses et que le soleil les sèche… Il faut verbaliser et expliquer à un enfant ce qu’il voit, goûte, touche, entend, sent et ressent. Pour les émotions, la tâche est plus délicate et elle implique un travail plus fin.

Pour qu’un enfant soit susceptible d’absorber et de comprendre l’information, il doit être tranquille, sans aucun stress qui ne nuise à son rapport avec les autres. Nous parlons bien sûr d’un stress constant tel que les interdictions arbitraires, les cris, les agressions physiques ou verbales. L’éducation se fait à la maison et pas à l’école. Trop nombreux parents délaissent cette tâche et pensent la déléguer aux professeurs qui sont là pour transmettre des savoirs et pas pour apprendre comment tenir une fourchette, quelle attitude adopter dans telle ou telle situation, « bâtir » son propre caractère.

Dans son ouvrage « Tout se joue avant 6 ans » Fitzhugh Dodson nous explique avec une simplicité agréable pour que nous comprenions sans difficulté particulière comment un enfant se développe et l’importance d’être bienveillant avec lui dans cette période cruciale. Pour préciser afin d’être bien comprise, je ne veux pas dire que nous arrêtons notre progression après cet age-là, mais que pendant ces années nous passons par les stades fondamentaux tel que le langage, les dents, la marche, la propreté, nous acquérons la conscience en soi, etc. Pendant chaque moment important le mieux pour nous est d’être accompagné et de ne pas être seul dans la découverte.

Le cerveau est le plus malléable les premières trois années de notre vie. Il est confronté à de nombreuses influences négatives tels que la télévision et les technologies modernes comme la tablette ou le téléphone et les séquelles se traduisent dans le comportement du jeune enfant. En regardant la télévision le cerveau reste passif et il a un fonctionnement plus lent que pendant le sommeil. L’enfant fait que subir une information sans avoir du partage ou de d’interaction. Le cerveau infantile ne connaît pas la différence entre la réalité et la fiction, il prend toute situation pour vraie. Si nous laissons notre enfant devant la télévision nous serons plus tranquilles, car il sera totalement aspiré par les images, mais cela peut avoir de graves conséquences plus tard. Jusqu’à l’age de trois ans la télévision est totalement déconseillée, de trois à six ans une demi heure par jour ne devrait pas être dépassée. Souvent dans le comportement des enfants qui ne suivent pas ces consignes nous trouvons deux situations – soit l’enfant a des difficultés de se concentrer et il éprouve une fatigue, soit il devient agressif et une hyperactivité est palpable.

Milla DI GREGORIO

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